Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /Déc /2008 11:08
 Arrivée ce midi en Nouvelle Zélande à Christchurch capitale de l'Ile du Sud. L'arrivée en avion quand on aborde les côtes de l'Ile du Sud, donne tout de suite une idée des paysages qu'on va rencontrer: la mer, les côtes, les montagnes, les pics enneigés, les lacs, les rivières. La ville est sympa, provinciale mais spacieuse avec de larges avenues, des parcs avec des lacs et des rivières et des arbres aussi étonnants que ceux d'Australie mais encore différents: troncs courts mais branches montant à 45° au lieu de partir à l'horizontal comme là bas.
      Si ce n'avait été la parade de Noël, la ville du samedi après midi aurait été plutôt endormie, mais là, tout le monde était sorti et il y avait bien autant de gens dans la parade que de badauds. Il faut dire que tous les corps de métiers étaient là ainsi que les associations sportives,charitables,confessionnelles, ethniques (chinois, thais, coréens, philippins, cambodgiens,etc...), les clubs de gym, de danses, de cheval, de poney, de chien,de vélo, dans des costumes allant des Peaux Rouges à la Guerre des étoiles et chacun de défiler à pied à cheval, en chars genre-carnaval de Nice, en voitures de toutes les époques et sur la plateforme d'énormes camions sur lesquels d'innombrables orchestres jouaient pendant qu'on dansait sur d'autres avec d'autres musiques allant du classique au rock'n roll. 
   Tout le monde était visiblement content d'avoir pu manifester en toute liberté ses gouts, ses croyances et ses traditions.
    Demain départ aux aurores: on n'est pas là pour s'amuser, il y a un programme à remplir et on ne peut pas trainer....

    Le programme était alléchant mais en fait le temps était couvert et il a plu
presque tout le temps. C'est dommage parce qu'il y avait surement des paysages magnifiques: de beaux lacs, des torrents et surtout le mont Cook à 3500m et couvert de neige. On l'a vu à travers des nuages un peu moins denses de la route pendant quelques instants, mais plus rien quand on était dans le centre Sir Edmond Hilary au pied du mont. Il faudra se contenter des plus belles cartes postales du coin.
   Les gens du tour sont assez sympa, avec neuf nationalités étrangères, c'est à dire autres que Oz et NZ. Le chauffeur-guide est difficile à comprendre: il bouffe la moitié des mots et n'articule pas le reste avec l'accent de la cambrousse d'ici....
   Comme il y a souvent des stops, j'en ai profité pour marcher un peu pendant que les autres prenaient leur thé!
   Diner tôt mais très correct, l'agneau était excellent, ici ils ont un problème avec leurs moutons, avant il y en avait dix par habitant, maintenant guère plus d'un parce qu'ils n'arrivent plus à les vendre à un prix acceptable, il faut bien que les touristes les aident.
   Demain, lever toujours tôt et toujours mauvais temps annoncé, dommage parce qu'il y a un tour en train acrobatique et spectaculaire au programme. Il parait qu'en l'occurence, l'expérience en vaut la peine quelque soit le temps.

   Pour arriver à Dunedin, la gare de départ de ce fameux train, on passe le long de différents lacs de retenue pour irrigation et hydroélectricité, puis le long de la mer côté océan pacifique.
   Il parait que souvent on voit des dauphins surfer dans les grosses vagues qui se forment dans ce coin et il y a aussi un village de pêcheurs. Malheureusement, on n'a fait que passer alors qu'on a passé deux heures à glander dans Dunedin, où il n'y a vraiment rien de passionnant. C'est une ville portuaire avec la mer inaccessible et la ville peu attrayante. Dunedin signifie l'Edinbourg du Sud en écossais. En effet la ville a surtout été batie par les Ecossais vers 1860, largement aidés par les chinois. Beaucoup de constructions sont du style néogothique avec le même mélange de pierres noires et d'encadrement en pierres blanches. Les chinois ont fait venir de Shangai un jardin typique, ils sont parait-il très estimés et intégrés.
   En fait le tour en train n'était pas la seule option, il y avait aussi la possiblité d'une mini croisière pour voir les albatros, otaries et autres animaux marins.
  C'est le train que j'ai finalement choisi sans conviction. C'est une belle balade aller et retour de 4 heures au milieu de paysages intéressants, mais rien de ce qu'on pouvait espérer de spectaculaire comme tant annoncé.
   Le soir on a eu un higgis assez coloré. Je ne savais pas non plus de quoi il s'agissait, alors  voici: c'est une histoire qui commence avec des bonshommes qui ont une jambe plus grande que l'autre et qui donc tourne en rond sur les collines et les montagnes, les bonnes femmes de cette engeance tournent, elles, dans l'autre sens vu que ce n'est pas la même jambe la plus courte- jusqu'ici ça ressemble à nos dahus, mais là où ça diverge, c'est quand ils commencent à ê
tre malfaisants, alors on les pourchasse en buvant une demie bouteille de whisky et en leur jetant le reste sur la figure, finalement on les transforme en panse de brebie farci et on tranche violemment dans celle ci en criant très fort: on a donc bu le whisky, mangé de la panse farcie, écouté de la cornemuse et eu une idée approximative de ce dont il s'agissait, vu que tout ça était raconté avec un accent écossais à couper au couteau et fortissimo.
   Ce matin on a visité la plus riche maison de Dunedin. Maison bourgeoise du début du XX ème siècle avec plein d'astuces pour rendre la vie quotidienne plus agréable et tout ce qu'il arrivait de moderne était tout de suite intégré. Il y a beaucoup de bibelots mais aucune vraie oeuvre d'art: rien à voir avec la Frick collection de New York! 
    Puis beaucoup de route pour arriver dans la région montagneuse des grands lacs. Nuit au bord d'un lac magnifique et il a même fait du soleil.
    Le lendemain, croisière sur le Milford Sound(estuaire en anglais) en fait les premiers découvreurs n'étaient pas rentré assez loin pour s'apercevoir que ce n'était pas une baie mais un fjord. En fait toute la région est truffée de fjords, c'est d'ailleurs de là que vient son nom, qui soit se terminent dans la mer soit ont fait des lacs, et des lacs il y en a aussi des centaines qui sont de vrais joyaux. Toute la région est splendide, parce qu'en plus des fjords, les montagnes qui les entourent sont couverte d'une belle végétation. C'est beaucoup plus beau que la Norvège et quand on a la chance de voir tout ça sous le soleil, c'est encore mieux. L'idéal serait de voir tout ça sous le soleil mais avec encore de la neige qui descend des sommets, vers septembre. Et de louer un camping car pour s'arrêter quand on veut où on veut et le temps qu'on veut.
  C'est le pays qui me plait le plus de ce que j'ai visité de toute ma vie, et le fait qu'il soit si peu peuplé ajoute encore à son attrait pour moi.
  A Queenstown, on était logé au Rydges, immense hotel donnant sur le lac avec une chambre bien équipée et surtout dotée d'une immense fenêtre directement sur le lac, c'était une merveille, on a diné dans un restaurant perché avec la plus belle vue de la région sur une grande enfilade du lac, en plus la nourriture était tout à fait correcte.
  Le lendemain, la journée était libre et le chois des activités très large: du jetboat au saut à l'élastic le plus haut du monde: 134 m!, au tour en hélicoptère, aux visites de fermes, à la croisière en bateau sur le lac , mais c'est la balade d'une journée de Routeburn que j'ai choisi. J'étais le seul du groupe et nous étions sept plus la guide, sympa, la fin de la montée un peu raide, mais ça en valait la peine, nature magnifique du parc naturel, torrents à foison, vue sur les cimes....
   Aujourd'hui, direction Fox Glacier, encore quantité de lacs, de chutes d'eau et de forêts. Malheureusement, il s'est remis à pleuvoir quand on est arrivé et c'est dommage parce qu'on espérait voir le glacier sous toutes ses coutures.
La flotte s'est arrêtée et on a pu faire la balade de deux heures jusqu'au glacier avec godasses et vêtement de pluie pour la circonstance et surtout un guide sympa qui nous a montré des choses intéressantes comme d'énormes blocks de glace enfouis qui finissent par fondre et toute la terre qui se trouvait au dessus s'effondre et ça fait drole si on est dessus. Il a cassé un gros morceau de glace d'un morceau du glacier qui s'était détaché récemmment. En lavant la surface de toute la poussière et de toutes les pierres qui sont tombées dessus au cours du temps, la glace apparait extrêmement transparente et sans bulles ce qui implique je ne sais plus quoi sur le climat lors de sa formation. Il y a apparemment plein d'or partout mais seules quelques mines sont exploitées, de temps en temps quelqu'un trouve une petite pépite avec un détecteur de métaux.  
Ce matin on parcourt encore de très belles régions de lacs et de fjords pour arriver à Greymouth pour prendre le train « transalpin ». Avant on a visité des boutiques de jade (grosse production locale) et d'or avec des pépites de taille respectable.
   La balade en train jusqu'à Christchurch est très agréable, les paysages ne sont pas plus beaux que ce qu'on a vu en bus mais c'est bien plus relaxe, on peut bouger, et il y a plus de place, ça nous a aussi soulagé de notre guide dont tout le monde commence à avoir marre...
   Brève nuit à Christchurch , lever à 5 heures pour prendre le même train qui fait la côte jusqu'à Blenheim; Environ 5 heures de trajet dont une bonne moitié en terrain plat et sans intérêt. C'est bien dans la partie qui longe la côte de l'océan Pacifique assez découpée avec des rochers et des falaises. On passe près du coin d'où on part pour voir les baleines et les dauphins, on a juste vu des colonies de phoques paressant ou se chamaillant sur les rochers  proches ou sur le rivage. Certains avaient une belle fourrure fauve.
   Beaucoup de gens dormaient dans le train, il faut croire que les horaires ne sont pas bien adaptés aux besoins des touristes qui sont pourtant les seuls clients! La publicité est très bien faite, mais par la route on voit les mêmes endroits intéressants et on peut s'arrêter où et à l'heure qu'on veut.
   Cette après midi je saute la visite de la winery. Il fait moche et j'ai envi de souffler un peu et de vaquer à des occupations lavatoires et internetesques.
   Ce soir dernière nuit sur l'ile Sud et demain ferry pour l'ile Nord avec peut être des baleines sur le trajet.
   La mini-croisière de la traversée est magnifique, presque la moitié du trajet se fait dans le fjord de Picton aux parois bien boisées avec de temps en temps une maison sur une petite plage apparemment accessible que par la mer. Après quelques gouttes de pluie au départ, le vent s'est levé et le ciel s'est dégagé. J'ai filmé quelques dauphins qui avaient plus l'air d'être occupé à chasser qu'à faire des galipettes. En pleine mer c'était  quelques albatros dont on pouvait voir l'envergure et le vol fantastique voltigeant au ras de l'eau pour soudain virer sur l'aile en prenant de l'altitude et redescendant raser l'eau sans mouvement perceptible des ailes. Leur vitesse est telle qu'on ne peut pas les suivre longtemps parce qu'on les perd vite parmi les reflets des vagues.
   L'arrivée dans l'Ile du Nord se fait par Wellington, la capitale administrative de la Nouvelle Zélande- la ville du vent!, il s'engouffre dans l'entonnoir formé par les côtes des deux iles et c'est assez pénible. La ville est sympa et très animée du matin au soir et à la nuit. Il y a un funiculaire qui mène au quasi sommet d'une colline.... où le car nous attendait! Si on réussissait à tenir debout, on avait une vue panoramique magnifique sur la ville et son environnement maritime. Le musée national Ti Papa montre de très belles choses de l'art et de la culture maori. Autant la présence maori est complètement occultée dans l'Ile du Sud, autant elle est omniprésente dans celle du Nord. La plus part des villes, villages, lacs et montagnes ont des noms maori qui décrivent le lieu ou les circonstances qui ont menées à les distinguer.
   Le jour suivant on part tôt pour Rotorua, un peu la capitale maori. Comme c'est assez loin, on passe longtemps en car en longeant la côte de la mer tasmanienne, puis on rentre dans le centre de l'ile avec la traversée du désert ( en fait de la végétation faite d'herbes sèches) qui est constitué du tuf que les volcans locaux ont craché en quantité phénoménales. On a failli voir le sommet du plus haut d'entre eux si les nuages l'avaient permis...Ensuite on rentre dans une région un peu différente parce que le sol tout aussi volcanique, garde un peu mieux l'eau. Toutefois la seule chose qui pousse et même très bien, ce  sont des pins de Monterey, le sol et le climat font qu'ils poussent trois fois plus vite ici qu'en Californie. Avec des dizaines de milliers d'hectares plantés à la main, ça rapporte 3 milliards de NZ$ par an au pays et une bonne partie revient aux maoris qui possèdent les terres alors que les concessionnaires des autres parties de la forêt n'ont que la « métairie » la terre étant propriété de la couronne !
   On passe ensuite à côté du plus grand lac de NZ, lac de cratère lui aussi mais d'environ 300 Km de tour et surtout un trop plein à l'origine du plus grand fleuve de NZ. L'eau s'engage dans une gorge étroite et le débit est de cent m3 d'eau par seconde, et le goulet se termine par une cascade de plusieurs mètres. Magnifique effet de blancheur de l'écume se mélangeant par des tourbillons à l'eau qui redevient verte, toujours dans une belle végétation locale.
   On finit par arriver à Rotorua située elle aussi dans un immense cratère volcanique, c'est un peu le Yellowstone Park en plus petit et la faune en moins: odeur d'oeuf pourri partout, fumeroles,boues traversées par les gaz chauds et puants, geysers, dépots de soufre, sources chaudes et géothermie partout, chauffage central gratuit partout et c'est bien utile pour les centaines d'hotels de toutes sortes qui fleurissent ici grâce aux cures thermales et à la beauté des sites alentours et des volcans plus ou moins en activité.
  Une journée complète à Rotorua avec au programme, présentation de la vingtaine de races de moutons et démonstration de chiens de berger à l'oeuvre: nul, tout raté, les chiens menés au sifflet et abrutis, foirant tout, un désastre!
  Le soir séance de danses et traditions maori: très sympa et intéressant.
  Il y a quand même quelque chose qui me dérange avec les maoris: Ils mettent en avant leur virilité et leurs traditions guerrières et d'un autre côté, d'une part ils ont eu l'impression d'arriver dans un paradis en débarquant sur ce qui allait devenir la NZ ( ils ont donc transformé ce paradis en enfer, à moins que leur guerre ait été joyeuse?) et d'autre part ils n'ont pas digéré d'être battus par les anglais!
  En fait, c'est surtout d'avoir été grugés par les anglais qu'ils n'ont pas digéré et avec quelques raisons. Ils considèrent que cette confrontation avec les anglais les a forcé à se fédérer et que de là est né la nation maorie.
  Le lieu de la signature du traité de Waitonga est splendide: une grande prairie finissant par une plage de Baie of Islands, de magnifiques arbres, une très belle maison du conseil maori om les chefs des tribus se réunissent une fois par an et qui est décorée  des totems et symboles des principales tribus sur les armatures en bois de la maison très imposante. Il y a aussi sous un hangar spécialement aménagé, un canoe de guerre d'une dimension incroyable, taillé dans un seul tronc de kauri, un arbre dont on voit une coupe de la souche à côté du canoe.
  Le kaura pourraient être l'emblème de la NZ largement autant que l'insignifiant petit kiwi, nocturne, timide et en voie d'extinction tant les chiens, chats, rats, opossums importés inconsidérément en ont fait un carnage.
  En fait, la feuille de fougère est aussi le symbole pictural de la NZ. Cela vient de l'admiration des maoris pour cette plante arborescente ici et qui atteint des hauteurs de plus de dix mètres. Le tronc est recouvert des feuilles fanées des poussées précédentes et chaque nouvelle poussée s'annonce par une crosse imposante: c'est un signe de vie éternelle parce que sans cesse renouvelée. La feuille de la fougère est en plus argentée par dessous et on dit qu'on peut en parsemer son chemin pour le retrouver dans la nuit avec un simple clair de lune que se reflètera sur ces feuilles, une vraie magie.   
Le kaura est une sorte de pin qui atteint la taille d'un séquoia en quelques centaines d'années aussi qu'on a surexploité tellement il y en avait et pour une qualité de bois sans pareille: des troncs de trente et quarante mètres de long, sans un noeud, souple et sans défauts, très peu veiné et dans des tons de miel magnjfiques.
  Le plus incroyable c'est que maintenant que l'arbre est protégé et qu'il n'en reste plus que de rares exemplaires , mais splendides, dans la « forêt de kauri », c'est qu'on en trouve des arbres entiers, enterrés au cours de glissement de terrains et autres cataclysmes fréquents en NZ, et conservés intacts depuis des milliers d'années et qu'on peut exploiter aussi bien que s'ils venaient d'être abattus. Ils n'ont pas été fossilisés, on vient d'en trouver un de 190 tonnes, il faut des tronçonneuses à rallonges et tenues par une personne à chaque bout. Le musée du kaura montre magnifiquement tout le travail d'exploitation depuis les origines, jusqu'à l'apparition du bulldozer qui a décuplé la production et accéléré la disparition de l'espèce. On voit aussi de la résine de kaura, elle aussi enterrée et aussi belle que l'ambre. Le gemmage n'a pas donné de bons résultats, la résine est terne et contrairement au pin des landes, le kaura en meurt .
     Le dernier jour du tour était consacré à une mini croisière dans les iles de Bay of Islands. Il y en a cent cinquante et plusieurs sont assez grandes et des fermes y sont installées dans un environnement de rêve: abrité, c'est là que le capitaine Cook s'était réfugié pour échapper à une tempête, belles prairies vertes, plages de sable doré, mer transparente allant du vert vif au bleu azur, des poissons de toutes tailles en pagaille, un climat subtropical, aucune bête sauvage dangereuse, un paradis abordable.
     Après avoir été voir l'arche de l'ile percée et être passé dedans, malgré une mer un peu agitée et un bateau qui est parait il le plus gros qui le fasse,
on fait escale sur une ile un peu plus grande et spécialement belle avec plages, prairies, bois, arbres couverts de fleurs rouges, collines assez élevées qui permettent d'avoir une vue à 360° de la baie.
      C'était tellement beau que j'ai raté le départ du bateau, et donc le bus du tour, et donc le moyen de rejoindre l'hotel à Auckland à 300 Km au sud....Ce n'est pas que l'ile ne soit pas accueillante, il y a restaurant et bungalows, mais quand on a déjà son billet pour le lendemain pour Sydney, la marge de fantaisie est limitée.
      La chance sourit parfois aux étourdis, un autre bateau de la même compagnie que la mienne faisait escale avant d'aller voir l'ile percée et surtout était principalement chargé de touristes qui faisait la sortie depuis Auckland en car de la compagnie, et donc qui pouvait me conduire à mon hotel pénard!
      Le tout organisé en un tour de main grâce au mobile de la steward du bateau sauveteur. Les Néozélandais sont vraiment sympa et pas seulement en cette occasion, vraiment un chouette pays.
      Mais la suite est encore mieux. On refait donc le tour des iles mais cette fois en les longeant de très près ce qui permet de voir des tas de cavernes qu'on n'avait pas vu de loin avec des informations sur la géologie qui a permis de sculpter ces iles dans des terrains du jurassique, plus la collision des plaques australienne et océanique qui soulève la NZ et provoque des dislocations et des volcans dans tout le pays et l'érosion qui s'y est mise.
      Et surtout on a rencontré une grande famille de grands dauphins ( bottlenose) qu'on a accompagné pendant dix minutes et qui nageaient à froler le bateau, c'était magnifique.
      Arrivée à l'hotel et retrouvaille avec les gens du tour, curieux de savoir ce qui m'était arrivé. Ils m'ont vu à la jumelle entrain de manger sur un sommet de l'ile et donc rassuré sur mon sort, en fait j'ai bien vu le bateau partir, mais j'ai pensé qu'il faisait de la place pour un autre bateau qui avait besoin d'accoster....et j'étais si bien et le train train du tour devenait lassant!
      Ciel bien dégagé au coucher du soleil, donc je monte à la sky tower pour en profiter et voir Auckland de haut, c'était beau mais l'embrasement du ciel espéré n'a pas eu lieu.
  Retour à Sydney sans problème à côté de néozélandais sympas comme tout; je retourne dans ce pays dans une douzaine de jours avec plaisir.
Par AndreTDM
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Mercredi 3 décembre 2008 3 03 /12 /Déc /2008 05:50


Bien, ça fait trois jours que je suis à Bali et il est temps que je note tout ce que j ai vu avant que tout se mélange dans ma tête. En plus il a plu des cordes toute l'après midi et de retour à l'hôtel, c'est ce que j' ai de mieux à faire , vu la lenteur extrême de l'internet local quand il marche.

Les trois premières nuit dans un hôtel de rêve à Nusa Dua,quartier de Denpasar: chambre immense à deux pas de la piscine,elle même à deux pas de la mer puisque la plage continue jusqu à l hôtel. Calme absolu, petits dèj gargantuesques, bar dans la piscine encore plus chaude que la mer, quasi personne à part le personnel gentil aimable souriant, ne courant pas après le pourboire: une vie de nabab.

Un guide du pays aussi chauffeur sympa comme tout et parlant français avec un complément d anglais bien venu, suivant un programme de visites mais aussi s' adaptant à mes goûts pour aller voir des choses plus dans mes intérêts.

Premier jour, visite des beaux coins de Denpasar: temples, statue gigantesque de Shiva, zones résidentielles haut de gamme, etc...

Pour la statue de Shiva, elle représente ce dieu destructeur chevauchant Daruda en tôle de cuivre martelé. Pour l' instant la statue de Shiva est bien avancée, mais elle est présentée sur un socle provisoire. Je ne connais pas de plus criante illustration de la boutade: Dieu a fait l homme à son image, et celui ci le lui rend bien- Shiva est bien Indonésien!

La statue de Daruda le représente en aigle suffisamment bien dimensionné pour porter un tel dieu, elle n est pas terminée non plus. Elle est située dans une carrière de pierre très grande qui sert de lieu de spectacle en plein air pour des groupes du genre Rolling Stones où elle sert en décor de fond de scène; et mais ce n'est pas du carton pâte!

Tout ceci déjà gigantesque, n'est qu'une petite partie du projet final dont on a du mal estimer la hauteur finale. Par manque de sous le projet est en panne, mais comme on voit à plein de carrefours des statues en pierre ou en béton de taille déjà très grande et d inspiration similaire, on peut imaginer qu' ils feront tout pour mener ce projet à bien.

Il y a ici comme en Inde une très grande adhésion à l' hindouisme même si c est un peu la foi du charbonnier teintée de beaucoup de rites locaux. Dans chaque maison il y a au moins un petit temple dans lequel on apporte chaque matin son offrande de fleurs et de riz, mais souvent d autres qui symbolisent le lien de clans et avec d'autres temples. Chaque matin mon chauffeur a fait son offrande pour la voiture avant de venir me chercher. Il est rayonnant de bien être et de bonne humeur, difficile à dire si ces rites quotidiens y sont pour quelque chose, mais c'est assez apparent chez la plupart des hommes.

La vie des femmes est souvent beaucoup plus dure; elles font tous les travaux durs au champ comme sur les chantiers de construction de maisons ou de routes pendant que les hommes discutent entre eux assis en tailleur sur une estrade sous un toit de chaume ( la version locale de « volem rien foutre, al païs »...). J' exagère un peu parce qu'il y a quand même de durs travaux dans les rizières qu'ils font, mais quand on voit un lourd panier se balader en l'air sur les routes ou sur les marchés, c'est neuf fois sur dix au moins qu'il y a une femme dessous. Elles sont souvent graves mais aimables et souriantes quand vous les croisez.

Deuxième jour, visite des rizières en terrasse et ballade dans un petit chemin serpentant au milieu.

Six ou sept variétés de riz, toutes les épices du monde , le café, le cacao, le giroflier, des fruits exotiques en pagaille qui poussent le long du chemin. Avec la bonne terre, l' eau en surabondance et la chaleur continuelle, le paysan peut faire deux récoltes de riz et une de patate douce par an. Pour le riz avec 25 kg de riz par hectare on obtient 6 tonnes. Dans chaque champ, une petite grange abrite une vache et bien sûr un temple avec ses offrandes toutes fraiches. En dehors des rizières, il y a des bouts de forêt comme les rêvait le douanier Rousseau: un enchevêtrement de feuilles de bananier, de fougères basses ou arborescentes, d' ananas, de bambous de toutes sortes, mais pas de tigre tapi....

Troisième jour, journée artisanat. On a longé des routes entières bordées de boutiques de sculpteurs sur pierres dures de lave locale ou de grès tendre venu de Java. Dans d'autres villages, c'est la sculpture, sur bois dur et ailleurs sur bois tendre. Un village est spécialisé dans les cerf volants, et là l imagination est sans limites des oiseaux aux bateaux pirates; les dimensions peuvent être impressionnantes aussi, j en ai vu un de huit mètres de long mais c'est loin d'être le record.

Un peu partout il y a de la peinture et du travail de l'argent pour de la petite bijouterie, et bien sûr le batik qui tient souvent plus du made in China plutôt que du fait main local.

L habileté des artisants est remarquable, surtout pour la sculpture du bois mais les peintures peuvent être magnifiques aussi.

L immense majorité des sculptures est très stéréotypée et reproduit des Boudhas , des Shivas, des Brahmas, des Darudas, des dieux effrayants pour chasser les démons, difficile d'adhérer quand on est si éloigné de cette culture.

Seule la peinture laisse une large place à d'autres thèmes: paysages portraits, fleurs, de très belle exécution mais sans audace,sans génie qui nous ouvrirait un nouvel aspect séduisant du monde; c est entre l'accadémisme et le douanier Rousseau. C'est du travail d'atelier, pas une oeuvre d artiste, typiquement quelque chose qu on ne verra plus une fois accrochée chez soi. Il y a aussi un marché pour ça dans le cadre de la décoration et il y a un gros business d'exportation. Une française de l'hotel faisait se boulot là et elle a monté sa boite à Dubai, à 26 ans et très sympa, elle a un bel avenir.

On est allé en fin d après midi visiter une série de temples dont le principal est sur un rocher accessible à marée très basse donc rarement, un autre sur la terre ferme a donc été construit comme substitut et c est dans celui là qu'ont lieu les prières quotidiennes. De l'autre coté d une petite anse favorable à la formation de grosses vagues pour surfers, se trouve un autre temple.

Comme le site est très touristique, il y a un marché de souvenirs et des tas de vendeuses de cartes postales et autres babioles, mais sans le côté lancinant de ceux de l'Inde.

Première nuit à Ubud, hôtel très moyen et chambre voulant faire couleur locale mais crasseuse

sans même une prise électrique, j'ai râlé et j'ai obtenu une vraie chambre calme et très correcte.

Excursion au lac de cratère du mont . Le volcan a des éruptions quelques fois par siècle mais ce ne sont que des coulées de lave jamais catastrophiques. Cela donne un paysage complètement chaotique dans lequel la végétation n'a pas pu se rétablir même sur la coulée qui a eu lieu il y a cent cinquante ans. Pourtant les paysans arrivent à faire de minuscules bouts de jardin de quelques m² par ci par là et les légumes poussent magnifiquement. Du coup, l'état se met à planter des eucaleptus dans les zones trop désertes, mais loin du lac il n'y a pas d'eau et ce n'est pas gagné.

Il y a un côté du lac inaccessible autrement qu'en bateau, un village s'y trouve avec des habitants parait- il assez peu accueillants. Les touristes y allaient pour voir leur rite funéraire original: ils posent leurs morts sur le sol et l'entourent d'une haie de bambou. Le plus étonnant c'est que dans le village se trouve un arbre dont la spécialité est de détruire les mauvaises odeurs et donc permet de cohabiter avec le cadavre, parce que la terre est rare dans ce coin.

Comme partout ici on passe son temps à payer des péages, très modiques, pour accéder ici ou là, se garer,tec....

Les gens de ce village ont fait comme les autres, sauf que chacun a voulu prélever son péage personnel et pourquoi pas au retour aussi, avec en plus le mauvais accueil: plus personne n'y va. C'est ce qui s'appelle tuer la poule aux oeufs d'or....

A midi nous avons mangé un babi guling. C'est un petit cochon grillé que les gargottes débitent et servent avec une soupe et du riz plus ou moins épicé selon le gout. C'est bon mais les rations de viande sont limitées. Pour 0.5 euro il ne faut pas trop en demander...

La pluie battante s'est déclenchée juste à la fin du repas et nous a empêchée de voir les beaux paysages de rizières en terrasses, mais finalement elle s'est arrêtée juste au moment où on allait visiter le salage des poissons. Le gouvernement a installé une quarantaine de boxes ouverts mais couverts, équipés de bacs en pierre chauffés au feu de bois. Les poissons, bien rangés dans des petits paniers en osier sont plongés avec un poids dessus dans un bouillon marron des plus douteux et retirés bout de trois minutes puis entassés dans un nouveau panier avec une couche de sel entre chaque couche de poisson; tout ça pour faire passer le temps de conservation à cinq jours sans frigidaire. Avec toute la fumée des foyers, ils pourraient facilement les fumer par la même occasion... Cet endroit est sur la plage pour traiter le poisson tout de suite, mais une partie vient de Java....Ce sont tous des gens du même village voisin qui ont leur boxe ici.

On voit que presque toutes les activités sont individuelles mais concertées. Il en est de même pour les cérémonies religieuses et pour cela il y a toujours un grand préau à coté des temples pour que les gens aient la place de se réunir. Les mauvaises langues disent aussi que c'est un lieu de rendez vous pour les combats de coqs; c'est pas possible puisque c'est interdit! Ah bon, on peut demander au flic du coin d'aller voir ailleurs moyennant finances?

Sur la plage un chantier naval de trois- quatre personnes qui font de bateaux de pêche traditionnels avec pour coque un tronc évidé en forme de pirogue arquée, ça devient difficile de trouver des troncs de cette taille. Pour le reste c'est le système trimaran à flotteurs en bambou, et à moteur. Un mois et demi de travail, presque tout à la main et mille euros pièce.

Aujourd'hui, la pluie battante débute à sept heures du matin et chez le guide elle a duré toute la nuit. En fait la pluie s'est arrêtée assez vite et heureusement parce qu'on allait voir les trois autres lacs de cratères du pays. Sur la berge du plus grand, il y a un beau temple hindouiste où se déroulait une cérémonie; en dehors de l'enceinte du temple il y a un temple bouddhiste , et un peu sur la hauteur une mosquée ( il parait qu'elles sont silencieuses ici!), bref un bel exemple d'oeucuménisme balinais. Ils n'ont toujours pas digéré les attentats islamistes qui en plus d'être choquants pour leur vision de la vie et leurs croyances, ont ruiné le tourisme qui assure la prospérité de l'ile. Les auteurs des attentats viennent d'être exécutés. Les islamistes ont trouvé que c'était pas gentil.

On a vu les autres lacs du bas et d'une route qui coure sur les crêtes des cônes volcaniques.

Les chutes jumelles qu'il a fallu aller voir après, sont peut être les plus grandes de Bali, mais ce n'est qu'un petit pipi de rien du tout, cinq cents mètres bétonnés et un guide se charge de vous faire voir le chemin au pas de course en racontant en plus des bêtises dans ses commentaires sur les espèces rencontrées.

On a fini par un tour d'Ubud avec le palais royal, toujours habité par la famille qui garde un rôle morale très apprécié de la population. La forêt des singes est plus intéressante pour son site et ses arbres que pour les singes mais beaucoup de gens se régalaient de donner des bananes à tout ce petit monde assez familier.

Départ de Ubud pour Lovina sur la côte NO de l'ile. On passe encore dans des paysages très vallonnés avec des points de vue magnifiques. On s'est arrêté un bon moment au marché aux bovins. On n'a pas vu comment se passait le marchandage mais apparemment c'est la même chose que sur nos foires à bestiaux et en tout cas pas aux enchères à l'américaine. Les bestiaux achetés sont poussés dans les camions pour souvent aller se faire bouffer à Java: 24 à 30 heures de route,mais même avec des arrêts dans « hotels à bestiaux », il y en a qui n'arriveront pas vivants.

Visite de la source chaude et sulfurée venant du volcan. Beau site mais trop peuplé et ne donne pas envie de tremper avec tant de monde dans ce cloaque.

Visite d'un grand temple bouddhiste bien situé aussi avec vue sur mer, calme et surtout grandes aires de méditation dehors ou dans un grand temple. C'est la grande différence qui apparait avec les temples hindouistes où il y a des rites mais pas d'exercice de prière ou de méditation individuelle.

Enfin arrivée à l'hôtel de Lovina, une merveille comme à Nusa Dua , plage et piscine dans l'hotel, repas excellent avec un tournedos sauce au poivre tout à fait bon. Nuit tranquille mais courte parce qu'à 6 heures, départ pour voir les dauphins en mer, c'est tôt mais il fait déjà grand jour et tout le monde a déjà son gilet de sauvetage. Je m'étais mis d'accord avec un jeune pour le tour en bateau et j'étais donc seul avec lui dans un bateau de pêche à balancier et moteur à axe rallongé. Il faisait beau mais la mer était formée à cause du vent si bien que j'ai été copieusement arrosé mais sans risque d'attraper froid!

On a vu des tas de troupeaux de dauphins, mais pas tellement plus que de bateaux....Des petits dauphins qui remontaient respirer à intervalle de quelques minutes, mais on ne savait pas où. Mon batelier avait le nez fin et plusieurs fois c'est nous qui étions au bon endroit. On verra ce que donnent les films et les photos, je n'en ai vu qu'un faire un saut périlleux, il était à coté de moi, et mon appareil n'était pas prêt, GRRRR...saleté de machins numériques.

Après douche et rasage,petit dèj excellent, un vrai repas dans une température idéale.

Pour un farniente complet, ici c'est vraiment à recommander.

Départ pour Amed, mais c'est le chemin qui compte. On s'arrête à Sangaraya, la deuxième ville de Bali. Comme j'avais dit mon intérêt pour l'archéologie et les vieilles écritures on a visité le musée de la ville, très modeste, mais les premiers outils de pierre et l'évolution vers les techniques de plus en plus raffinées sont comme partout. Bien que presque toutes les pièces aient une légende en anglais, c'est un peu sommaire et aucune datation n'est mentionnée. Les gens du musée sont très prévenants, il faut dire qu'il n'y a pas un visiteur tous les jours! Je suis resté sur ma faim concernant une photo d'une cinquantaine de pierres bicolores en forme de pièces de monnaie, gravées de signes étonnants.

Un hommage est rendu à l'histoire des derniers rois locaux et aux héros qui ont combattu les hollandais avant de succomber sous leur avance technologique ainsi qu'à ceux qui ont réussi à provoquer le départ des hollandais. Dans un autre bâtiment, on a vu des écrits anciens sur feuilles de palmiers. En fait, comme l'encre finissait par s'effacer, on réécrivait plusieurs fois la même chose sur la même feuille. Il y eu très tôt une écriture balinaise avec une dixaine de signes correspondant à des phonèmes. Cette écriture est toujours enseignée aux petits balinais, qui pour le plupart se dépêchent de l'oublier...Sur les feuilles que j'ai vu, il y avait à gauche le balinais et à droite le sanscrit qui est venu d'Inde avec l'hindouisme. Les feuilles sont parfaitement lisses sans nervures, 25 mm de large et 60 cm de long. Elles sont reliées entre elles par deux fils passant dans des trous symétriques, une sorte de store vénitien quand le livre est déployé.

C'était la première fois que mon guide voyait ce musée....

Ensuite, route vers Amed sous une pluie battante, paysage ingrat parce que couvert de lave noire avec très peu de végétation,rares plages mais de sable noir, juste un paradis pour les plongeurs semble-t-il, pour les mêmes raisons.

Hôtel de plage avec grands bungalows confortables et salle de bain extérieure moitié couverte assez agréable, mais comme le coin est perdu et l'environnement moche, ce n'est pas ici que je reviendrai farnienter.

Cet après midi retour à Denpasar. Massage musclé et shia tsu, j'y retourne parce que la première fois ça m'avait fait du bien, mais la meilleure masseuse ne travaillait pas ce jour là, on verra si celle ci est vraiment plus douée. Elle était encore plus petite et plus mince, mais ça faisait toujours aussi mal!

Puis départ ce soir pour Sydney, un autre monde!

Par AndreTDM
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 00:51
 

Départ de la maison en TGV pour passage par Angers c'est un premier pas vers l'Inde même si ce n'est pas le chemin le plus court vers New Delhi.

Entre Antibes et Saint Raphaël la voie longe souvent la mer. Cela vaut toutes les Baies d'Ise du monde surtout sous la lumière du matin avec un ciel et une mer parfaitement bleue , une végétation de pins et de palmiers parfaitement verte et les roches ocre-fonce de l'Esterel.

D`Antibes on voyait déjà la neige sur les Alpes. C'est mon environnement habituel et donc un peu ma référence, La barre est très haute pour les pays que je vais voir, mais il faudra bien que je me résolve a abandonner mon chauvinisme devant les châteaux du Rajasthan , l'exotisme souriant de Bali, la nature ou toutes sortes de perroquets tiennent lieu de nos insignifiants moineaux, la Nouvelle Zélande avec ses gens accueillants et sa nature qu

gétation de pins et de palmiers parfaitement verte et les roches ocre-fonce de l'Esterel.

D`Antibes on voyait déjà la neige sur les Alpes. C'est mon environnement habituel et donc un peu ma référence, La barre est très haute pour les pays que je vais voir, mais il faudra bien que je me résolv

i peut rappeler en plus froid mais peut être plus grandiose, tout au moins dans l'ile du sud, nos Alpes maritimes, le Chili avec sa Cordillère

si haute plongeant si abruptement dans l'océan, l'Argentine avec cette même Cordillère mais descendant plus doucement dans une plaine pleine de lacs somptueux recevant des fleuves de glace, des lacs on the rocks quoi.

Angers est une petite ville de province sympa, Il faut quand même s' appeler Du Bellay pour être a ce point amoureux des toits d'ardoise, certes locale, mais un peu tristounette. La raison de mon passage par cette ville était assez triste d'ailleurs et c'était encore pire que ca, mais life must go on...

TGV pour Roissy, confortable, aucune caténaire ne s'est arrachée, on est arrive presque a l'heure a la gare TGV Charles De Gaulle, c'est la suite qui était intéressante. Toute la gare devait être évacuée : on avait trouvé une bouteille thermos abandonnée, tous les TGV étaient stoppés en dehors de la gare ainsi que tous les bus et les RER. Un souk pas possible qui a dure 3 heures parait-il, parce que j'ai rusé et j'ai pris la navette de mon hôtel dans un coin accessible.

Le voyage sur Gulf Air jusqu'à Bahrein s'est bien passe. L'avion était archi-plein, mais j'étais a cote d'un voisin tres bien: chercheur en sciences de la Terre au CNRS ....

Dans l'avion, personnel très sympa, bon repas, vin correct à volonté, bon choix de films, et ça n'a pas trop été le souk malgré une réception a la douane assez musclée et bien inutile le nouveau passage des bagages et des gens au scanner et portique.

Comme il faisait nuit noire, et que je n'avais guère le temps de faire autre chose, j'ai parcouru les magasins hors taxe, pas plus intéressants que ceux de Paris ou de Londres, ça m'a évite de dilapider les sous de ma descendance.....


Enfin arrive à Delhi après un voyage normal mais un peu longuet et visite sans transition de la ville, comme je n'y passe qu'une nuit, il n'y a pas de temps à perdre.... parce qu'on en perd déjà beaucoup dans des embouteillages pharaoniques de vélos de rickshaws, de tricycles style vespas carrossés, de vaches en liberté non surveillée, de voitures tirées par des vaches, des piétons arrivant de partout, de bus manœuvrés comme des autos tamponneuses (ceux de lq compagnie privée sont appelés killer bus....), et bien sûr des voitures normales mais toutes plus pressées que vous et tout cela évoluant à quelques centimètres les uns des autres dans un vacarme assourdissant de Klaxons comme si tous les Parisiens décidaient de se marier le même jour et klaxonnaient tous en même temps jour et nuit.

Et le matin, cinq heures, le muezzine, très bien équipé question sono, vous appelle à la prière...

Delhi, la vieille ville, fait penser à l'Afrique noire: poussière omni-présente de la terre au ciel, crasse partout, des myriades de petites échoppes vendant des petits riens , des tas de petits boulots de transport de tout sur bicyclettes et rickshaws, de mendiants pas gâtes par la nature et encore moins par la vie. Mais a coté il y a de gigantesques palais, châteaux, mosquées en grès rose , l'éventail des salaires est très ouvert depuis longtemps.

Difficile de dire comment c'était avant l'invasion Mongole musulmane au XIIeme siècle, ils ont tout détruit. On retrouve des pierres et des colonnes de temples hindouistes et bouddhistes dans les mosquées et tout ce qui représentait des figures humaines ou animale a été systématiquement martelé.




Le gros poisson qui regarde par le trou de la serrure



Joyeux Noël de Barhein...



Vache pas si sacrée ....






Au Mémorial de Gandhi a Delhi.


Les jeunes et les vieux sont sympas. Ici des gens du Rajasthan porteurs d'une histoire qui ternit nettement la splendeur de tous ces châteaux grandioses de la région. Leurs ancêtres, il y a quelques centaines d'années,ne voulaient pas que le roi coupe leur forêt (trésor dans ces pays si secs). Ils ont entouré les troncs des arbres (des milliers) de leurs bras et ont dit au roi : si vous voulez couper nos arbres, il faudra nous couper avec. Ils ont été décapités et les arbres furent coupés.

Ils avaient certainement un mot à dire à Gandhi....



New Delhi dans le quartier gouvernemental du temps de la splendeur anglaise.



Idem



Devant la colonnade d'une mosquée colossale, faite de pierres recuperees de temples bouddhiques avec tout ce qui est figure, martelée.



Devant la plus haute tour de pierre du monde ,250 m, minaret colossal (Qutub Minar ) de cette gigantesque mosquée qui elle est à l'état de ruine.




Après Delhi et New Delhi, vol tranquille vers Bénarès (Varanasi en indien) . Hôtel magnifique, accueil avec collier de fleurs, wi fi gratuit dans tout l'hôtel



, puis visite des sites archéologiques autour de la ville si attractive religieusement pour les bouddhistes parce que c'est là que Bouddha a fait son premier prêche, et pour les hindouistes parce que c'est la que se trouve le Ganges, fleuve sacré depuis la nuit des temps (la ville serait la plus vieille ville du monde occupée sans discontinuer depuis huit mille ans ?)


Les sites archéologiques sont intéressants parce que tout avait été rasé par les moghols au XIIeme siècle et depuis le bouddhisme avait disparu de la ville et de toute cette partie de l'Inde.

Ce n'est qu'au siècle dernier que le site fut redécouvert et réanime par des bouddhistes du Sri Lanka et d'ailleurs, du Japon aussi.



L'endroit est paisible et propice pour les moines et les pèlerins à réciter des prières. Le musée archéologique situé à coté montre de belles sculptures avec une infinité de déclinaisons des Dieux et de leurs avatars masculins, féminins ou hermaphrodites. Tout est centré sur l'union masculin-féminin avec le symbole omni-présent du lingam de Shiva avec l'équivalent féminin mais on reste discret sur la propriétaire. Bouddha serait la 9eme réincarnation de Shiva, d'où l'imbrication de l'hindouisme et du Bouddhisme ?

Comme transition entre le côté soft de la zone archéologique et la zone où se trouve mon hôtel de luxe, voici le style d habitation classe moyenne des voisins et entre les deux des terrains vagues où  des cochons cherchent leur pitance dans la décharge. La photo rend mal compte de la vétusté et de la crasse des façades.




Pour le coté Hindouisme pur (?), il fallait se lever pour partir a 5h30, mais j'étais prévenu, cela n'allait pas sentir la rose: je vous confirme et vous fais grâce de tous les qualificatifs que les « nez » de Grasse se feraient un plaisir de vous narrer....


Tous les pèlerins venant à pied faire leurs ablutions dans le Ganges, des femmes surtout, des touristes aussi mais nettement minoritaires, des mendiants, tous les estropies de la terre, les faux sadhus déguisés pour la photo payante, les vaches, les ânes, les chiens, tout un chacun, hommes et bêtes déféquant et pissant partout, sauf les morts bien sûr, qui eux sont portés par les hommes de la famille pour le dernier bain et la crémation.

Les touristes montent sur des bateaux à rames et on remonte le Ganges en longeant la berge ouest ou sont tous les temples, une infinité de minuscules et quelques très grands, les palais des Maharajahs, le tout en piteux état. En novembre les eaux sont assez basses et en dehors des principaux accès équipés de marches, le reste se compose d'une boue épaisse. Hommes et femmes s'immergent complètement dans cette eau qui reçoit sans traitement toutes les eaux souillées de la ville, un cadavre d'âne descendait paisiblement le courant au milieu de tout ce monde. Des gens nagent aussi et boivent cette eau purificatrice et, ,d'après le guide, sans incidence néfaste sur la santé: un défi a Pasteur. En fait j'ai lu que dans les villages surtout en aval, l'eau polluée fait des ravages surtout chez les enfants.



Et les foyers de crémation fument toujours, trois cents kilo de bois, quelques aromates et huit heures de cuisson pour espérer un bonne réincarnation et si possible plus du tout.

Ah oui, les femmes sont interdites lors des crémations pour éviter que se renouvèle l'épisode tragique de la femme (Sati) qui a suivi son mari dans la mort en se faisant cramer avec lui. Il semble qu'il n'était pas rare depuis que la famille recommande fortement à certaines veuves de suivre cet exemple d'amour conjugal et accessoirement de libérer le plancher....

Petit a petit le jour s'est lever et le soleil a fini par percer dans la brume: un vrai Turner.


Quelques mini-chantiers navals artisanaux et surtout les blanchisseurs: tout à la main et sans savon, comme disait Coluche, moins blanc que blanc, c'est gris...

Retour en terre promise, l'hôtel, avec petit déjeuner bien bienvenu, l'appétit va bien quand même.

Le soir, retour au Ganges pour les prières des prêtres hindous. Une sorte de cérémonie surement authentique dans le fond parce qu'une bonne partie de l'assistance accompagnait les chants, mais très théâtraliser, style son et lumière, pour les touristes.


Difficile de n'être pas complètement extérieur à ces manifestations de foi. Qu'on bénisse un fleuve tellement généreux dans un pays aride et que petit à petit on le sublime comme le Nil ou le Ganges, c'est une sorte de religion de la nature, mais après qu'on élabore un panthéon abracadabrante d'une complexité inouïe, cela donne du boulot aux prêtres et de l'espérance au pauvre monde: chacun à sa place dans sa caste avec elle même sa place dans la hiérarchie des castes désignées par des dieux, pas de risque que ça change de si tôt.

J en ai vu deux conséquences assez typiques dans la vie courante, une à l hôtel l autre dans un avion Air India , mais ce sera pour plus tard.


Bon, avec tout ça, j'ai failli oublier Khajurao. Mais si, vous savez, le Kama Soutra en sculpture sur tous les temples et le tout inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est vrai, des fois qu'il y ait une ou deux positions qui seraient perdues à tout jamais, qu'est ce qu'ils deviendraient nos petits enfants à se creuser la tête pour savoir comment faisaient leurs ancêtres ?

Donc vous voyez, je fais un voyage hautement culturel, orienté vers le bien de l'humanité.

Khajurao, c'est donc un site plein de temples, au milieu de nulle part même à l'époque de sa construction , datant de près de mille ans et heureusement préservé de la destruction d'envahisseurs, parce que la jungle avait repris ses droits.

Un commandant anglais, passant par là par hasard il y a cent cinquante ans,a été averti par son aide de camp indien que des habitants parlaient de vieux temples où ils allaient encore prier. De là, la redécouverte de ce site très grand et à l'architecture intéressante: elle symbolise les montagnes de l'Himalaya d'où descendent tous les dieux et la vie. L'extérieur des temples est couvert de sculptures qui sont un hymne à la beauté, surtout des femmes, et à l'amour: une sorte de «  aimez vous les uns les autres » mais au sens de Jules Romain...



Le soir il y a eu un son et lumière sur le site: l'histoire, les batailles, les rencontres, la construction, mais pas la moindre allusion à la moindre des coquineries pourtant très redondantes

dont les temples sont couverts. Comment on dit gauloiserie en indien?


Il faut quand même parler d`Agra et du Taj Mahal. On a tendance à être suspicieux vis à vis de quelque chose d`aussi universellement célèbre que ce mausolée. Rien n`y a fait, je suis aussi tombé en admiration devant une telle perfection de la plus infime incrustation de pierre semi précieuse dans le marbre le plus pur, jusqu`à l`ensemble de l`architecture. On est ébloui par la réussite absolue de cet hymne à l`amour. C`est au delà de la description parce que c`est du domaine de la sensation, de l`échelle, du volume, des couleurs, des reliefs qu`on ne peut éprouver que par rapport à sa propre taille et à ses propres yeux. Je n`avais jamais vu de monument aussi beau et je suis content de mon déplacement.

Pardon, mais ce n`était ni le jour ni le matériel adéquate.

J`ai appris qu`il y avait un « baby » Taj Mahal qui est petit mais très beau aussi.


On est maintenant à Jaipur après 220 km de route en six heures avec des arrêts intéressants à Fathepur Sikri.

Le soir, visite au Birla Temple, magnifiquement construit très récemment en marbre blanc avec incrustations de pierres semi précieuses et bas reliefs sculptés . A six heures, le clou de la soirée avec la prière du soir. Le rideau qui cachait la divinité et son Jules est ouvert et un murmure d`extase parcourt la foule des fidèles, une bonne moitié de l`assistance. Trois prêtres officient dont deux sonneurs qui doivent être sourds depuis bien longtemps et un récitant inaudible bien sûr dans ce vacarme destiné à chasser les démons. Les fidèles psalmodient avec ferveur alors que les prêtres ont l`air assez détachés...

Birla temple by night.

Ce matin, lever tôt pour partir à 7h30 à l'assaut du Fort-château d'Amber à dos d'éléphant. Pittoresque mais pas confortable , cela permet quand même de voir le paysage en montant alors qu'à pied on n'aurait vu que deux murs interminables. A l'arrivée, accueil dans un tintamarre de cors et tambours pour reconstituer à notre intention, la réception des maharadjas. Le château est surtout intéressant par son site: il garde un passage obligé et relativement étroit de la route de la soie, les péages rapportaient déjà très bien à l'époque.


Autre visite intéressante: l'observatoire créé par un roi pour l'astronomie mais l'astrologie était quand même le but final. Les instruments sont exclusivement en maçonnerie pourtant Galilée et Tycho Brahe avaient montré des dixaines d`années avant,l'efficacité des lentilles pour voir mieux ce qui se passe la haut.

Les instruments sont quand même remarquables de précision ( 2 secondes pour le grand cadran solaire) et d'ingéniosité, le tout en matériaux de grande qualité.


Le guide que j'avais aujourd'hui était de loin le meilleur par rapport à tous les baragouineurs précédents. Jeune grand mince , un peu Antony Quinn de tête, une vraie allure naturelle de prince, très cultivé, voyageant partout entre l'Europe et les US, un anglais parfait et parfaitement audible. Dommage de ne pas l'avoir eu tout le temps, il avait beaucoup à dire sur la civilisation indienne et son histoire. La classe internationale.

Demain encore une journée de route vers Jodhpur via Pushkar avec mon chauffeur sympa et plein de bonne volonté, mais ne sachant guère plus de 20 mots anglais mélangés avec le reste en indien, les échanges sont vite limités....


Aujourd'hui donc, d'abord Pushkar mais il faut y arriver, pas évident avec des routes défoncées et une absence totale de panneaux de direction, sauf une fois et c'était faux!

Bref on finit par approcher quand la foule des piétons et des motos chargées de trois a cinq personnes bouchent de plus en plus la route et justement le pays est toujours rigoureusement plat sauf autour de Pushkar où ça monte d'abord pour redescendre sur la ville qui s'étend autour du lac sacré de l'hindouisme: au moins autant que Bénarès selon les gens de Pushkar. Et précisément, on était le jour où il fallait se tremper dans le lac because la saison et la pleine lune: trois millions de personnes sur la route étroite et en lacets: un cauchemar pour le chauffeur et le temps long pour moi. Je vous passe le temps de trouver une place de parking, au rendez vous avec le guide, puis repartir guidé par une moto vers un accès plus proche de la ville. Etre la seule voiture à se frayer un chemin dans une foule montante et une descendante on en a eu pour une heure. Pendant ce temps, le guide de m'expliquer en détails tous les dangers des pickpockets, des marchands, des moines arnaqueurs, des risques de se perdre de vue,etc,etc....déjà que je déteste la foule, j'avais encore moins envie de me plonger dans celle ci que dans toute autre. Mais quand le vin est tire, il faut le boire. J'ai déposé tous mes papiers et mon argent dans le coffre de la voiture et le chauffeur a monté la garde , comme le lion garde la forêt disent les petits sénégalais. On ne pouvait plus me piquer grand chose sauf ma camera mais elle était bien tenue dans ma main et ficelée a mon cou.

Il me restait à plonger et à faire attention de ne pas se perdre.


Le champ de foire où il y avait encore 100 000 chameaux, chevaux, vaches et buffles la veille, était quasi désert, heureusement pour les photos, quelques retardataires restaient. Tout se concentrait aujourd'hui sur le pèlerinage. Et là, question cheptel, c'était autrement plus coloré que toutes les bestioles qui nous avaient fait faux bond.


Un festival de saris de couleurs toutes plus belles les unes que les autres avec dedans ce qui semblait des corps très souples avec des allures de reines sans la nuance de dédain de la femme africaine. Les visages qui surmontaient le tout étaient souvent magnifiques d'équilibre esthétique et de calme. On pouvait avoir la surprise d`une femme agée dans un sari qui aurait pu contenir une belle jeune fille, un piège qui aurait pu être encore plus cruel que celui d`Orpheo Negro. La variété des saris est liée à la variété des origines locales des gens, mais il y avait tant à raconter et dans un temps si court que je resterai sur ma faim et vous aussi peut être bien.

Tout le religieux se situe autour du lac avec un temple pour Shiva, un pour Vishnou et, ce qui parait-il est très rare, un pour Brahma. La queue pour ce dernier pouvait atteindre quatre heures, non merci. Le lac est plus accessible pour le visiteur, par contre pour le pèlerin, pas plus de cinq minute à barboter dans l'eau bénite. On voit bien un sein ou une fesse par ci par là, d'où l'interdiction de photographier. Comme mon guide a insisté, il a bien fallu que je fasse le paparazzi....

Retour à la voiture sans problème et content mais soulagé que ce soit fini. Bonne chose de faite.


Route toujours aussi mauvaise pour aller à Jodhpur, sauf quelques tronçons payants et toujours pas d'indications. En route on a rencontré des biches ( sans saris celles là) des paons, des renards, des perdrix mais sur les voies rapides, quantité de cadavres de veaux, de chiens, pas encore habitués à la modernité.

Arrivée à l'hôtel, ancienne demeure de maharadja aussi, mais accueil beaucoup plus sympa qu'a Jaipur. Le muezzine a l'air d'être beaucoup plus loin aussi...On est dans un parc et les chambres donnent sur un grand patio intérieur entouré de colonnes. Beaucoup d'allure, le lit maharadja-size, et du calme loin de la foule!

Visite du chanteau-palais de Jodhpur, dans le gigantesque comme partout ici pour ce genre de maison de campagne:il fallait déjà loger les trente épouses du maharadja (une chaque jour du mois, et pourquoi pas 365, une,pour chaque jour de l'année, allez, 366 pour les années bissextiles..) leurs enfants, les danseuses, les eunuques pour veiller sur la fidélité de ces dames mais aussi le gouvernement, les gardes, les domestiques, l'astrologue, les musiciens....... le tout , y compris la ville inclus dans un mur d'enceinte de 10 km de long. En 1808, les méchants d'Udaipur, sont venus mettre le siège et on voit encore quelques éclats dus aux coups de canon bien inoffensifs (heureux temps...) dans les murs, puis ils sont repartis bredouilles: grande victoire locale et on rajoute une tranche au château avec une porte encore plus monumentale et une statue de plus pour Gamesh qui a si bien protégé tout le monde.

Comme dans les autres châteaux d'ici, il y a des façades incroyablement ciselées, on dirait du bois surtout avec la couleur rouge-brun de la pierre, en fait une grille de prison de luxe pour les femmes enfermées derrière.

Apparemment il n'y a qu'une maharani. En tout cas une qui se retrouvait veuve ne devait plus porter de bijoux. Avant de retourner dans sa famille, une d'elles a vendu un collier de diamant et avec l'argent recueilli, elle a fait construire un magnifique temple en marbre pour son époux qui est vénéré comme un dieu par ses sujets (encore aujourd'hui alors que l'actuel maharadja a fait ses études à Oxford, mais il n`a pas dû fréquenter les établissements les plus prolétariens, et puis quand on est dieu et qu`on n`a pas commis décatombe majeure comme Hiro Ito, pourquoi renoncer à ce titre finalement très galvaudé par ici, où m`a t-on dit la religion hindouiste en compterait des milliards...). Il vit actuellement dans un palais, copie en grès du Taj Mahal, mais en beaucoup plus colossal, une partie est transformée en hôtel super luxe à 4000 $ la nuit (Sheherazade n'a pas l'air d'être comprise dans le prix...



A la limite du château, il y a un petit temple très vénéré. On y accède par une voie de trois mètres,de large, en pente assez descendante, mais parfaitement dallée et entre deux bons murs de 2,50 m de haut. C'est là qu'il y a eu cette bousculade qui a fait 200 morts lors du dernier pèlerinage, encore une foule d'un million de personnes. En fait, en haut de la pente, des gens ont glissé sur des fibres de noix de coco et cela a provoqué littéralement une avalanche humaine.


Un tour dans le grand marché quotidien, très sympa, pas la foule, assez d'espace, des articles a 5 centimes d'euro, breloques, cutters, rubans, etc

Le marché a été conçu par le maharadja et il fonctionne à la satisfaction de tous. Comme c'est la saison des mariages, les femmes en saris s'installent assises en tailleur dans les boutiques de saris pour choisir des saris pour ces grands évènements: j'espère que les photos seront réussies.


Trajet Jodhpur -Jaisalmer un peu long, avec beaucoup de tâtonnement sur l` itinéraire, il faut dire qu'il n'y a pratiquement jamais de panneau. En plus un détour pas possible pour aller voir un temple jaïniste plein de verroterie , fièreté de mon guide, improvisé mais pas désintéressé. En effet c'est un peu l'antiquaire local et donc, passage obligé dans son capharnaum. Finalement, après d'épiques marchandages, je me retrouve propriétaire d'un cadenas pas ordinaire et peut être même ancien. C'est un cadenas qui ne s'ouvre qu'avec cinq clés différentes dont une à deux fonctions. Comme j'ai cinq petits enfants, un jour ce serait amusant de les avoir tous ensemble réunis et leur donner les clés pour ouvrir une boite aux trésors fermée par ce cadenas.

Pour prendre l avion, ma valise avec le cadenas a été scanné plusieurs fois sans commentaires, mais pour le dernier embarquement pour quitter l Inde, le scanneur a signalé le cadenas et le préposé à la fouille a absolument voulu le voir marcher, savoir où j avais trouvé cette merveille rare. La queue s allongeait mais je crois bien que j aurais pu faire monter les enchères!

Mauvaise nuit à Jaisalmer, moche chambre dans un soi disant palace, endroit calme sauf la gare pas loin et les trains qui font marcher leur sirène toute la nuit et bizarrement pas dans la journée.

J` ai tellement ralé que je ne voulais plus passer une autre nuit dans cet hotel , que le gars du tour opérateur m`a trouvé une superbe chambre dans une des 99 tours de guet de Jaisalmer, comme c`est

un grand centre de pélerinage Jaïn, il n`y a pas de muezzine dans le coin, les rues sont étroites, il n`y a pas de circulation, ça devrait être le pied. Attendre demain matin pour confirmation.

En attendant, visite de la ville, c`est un vrai bijou de façades en grès doré (d`où le nom de ville dorée qu`ils veulent lui donner) sculptées et ajourées du plus bel effet. Le temple Jaïn est vraiment ce qu`on fait de mieux dans ce domaine, mais il faut aimer cette surabondance de sculptures de dieux et de prophètes: 6666 dans chacun des deux temples, on est loin du dépouillement cistercien....

Il y a deux beaux hôtels patriciens à voir et à visiter, surtout ce lui de Patwa du nom de la famille qui l`a construit après avoir fait fortune dans le commerce international de la soie, de l`argent, de l` opium quand c`était légal au XVIIème siècle. Les Jaïns sont des marchands; dans l`esprit de mon guide ce n`était pas clair si le jaïnisme n`était pas une caste en plus d`être une religion.

Ce soir, sortie dans le désert voir si le soleil se couche aussi par ici....

Je confirme, le soleil s`est couche et s`était beau. En fait il doit arriver que ce soit très beau quand il n`y a pas cette brume légère mais tenace qui écrase toutes les couleurs, mais même s`il fait 30 °C, ici aussi c`est l`hiver comme ils disent ! Si le ciel était pur on verrait surement toute la ville et les remparts se teinter de rose orangé , eux qui ont déjà une si belle teinte dorée. Pour voir ce spectacle qui promettait d`être inoubliable, comme tant d`autres du même genre, nous sommes allés non pas dans les dunes, qui elles ont à perpète, mais sur une éminence à un ou deux Km des remparts, mais qui est en même temps ce que nous appellerions une sorte de lieu de recueillement pour la caste des brahmanes, leurs cendres ont été dispersées dans le Ganges bien sûr, mais ils ont leurs cénotaphes, petits temples de taille proportionnelle à la santé financière de la famille.

Je n`ai eu que des guides brahmanes, pas un n`a manqué de me le dire et de décliner toutes les castes qui venaient derrière, jusqu`aux intouchables qui sont tellement contents qu` on les appelle pour laver par terre, ramasser les ordures ou débarrasser la rue d`une vache ou autre grosse bête morte. Gandhi, c`est l`arbre qui cache le désert....

Retour pour diner à l`hôtel. Le patron m`avait dit qu`il me ferait un bon repas indien, pour peu que je lui laisse une heure pour le préparer. Ce qui fut fait et très bien fait. Installé sur la terrasse, et seul convive, comme on avait bien discuté avec le patron, il est venu s`assoire à ma table pour continuer la conversation, commenter les plats, parler de son hotel de six chambres et qu`il essaie de faire connaitre. Je lui promet de lui faire le plus de publicité que je peux. A un moment, il a appelé le jeune factotum qui avait fait le repas et il lui a parlé longuement, du ton très posé et l`autre écoutait avec confiance et déférence, je n`y comprenais évidemment rien, mais je me disais, tient, c`est comme si un père apprenait à son fils. A la fin de la leçon, le garçon est parti et j`ai dit cette impression au patron. En fait , ce jeune est un tibétain que sa femme employait comme boy depuis quelques années. Il y a trois ans, il a perdu ses parents et depuis c`est un peu le fils de la famille maintenant.

Vous comprenez pourquoi je me sens bien dans cet hôtel où en plus le silence règne, chose rarissime dans les villes indiennes!

Demain, départ à une heure pour Udaipur et adieu mon chauffeur, vraiment brave homme aussi.

Avant de partir, un grand tour dans la ville hors des remparts et encore partout des façades ouvragées même dans les plus infimes ruelles les plus petites maisons, comme il y a beaucoup de ruines il n`est pas rare qu`il ne reste que la belle façade et rien derrière.

C`est vraiment Jaisalmer la ville du Rajasthan qui m`a le plus plu. J`ai entendu quelqu`un dire que ça lui faisait penser à Carcassonne et c`est assez vrai pour les remparts mais pas pour la couleur ni pour l`architecture dans la ville. Il parait que ce sont les français qui ont tiré la ville de l`oubli général dans lequel elle était tombée, et grâce à eux le tourisme s`est développé et l`état a commencé à investir.

Avec la proximité de Jaisalmer de la frontière pakistanaise, l`aéroport est un lieu hautement stratégique et ce sont les militaires indiens qui contrôlent les passagers. Les bagages sont longuement scrutés aux rayons X, puis ceux qu`on prend en cabine sont fouillés systématiquement pour vérifier que rien de prohibé ne s`y trouve avec en plus le soin de s`assurer que tous les appareils photos et caméras sont bien inopérants c`est à dire sans batteries ou sans pellicules (parties, elles, en soute), une fouille au corps idem, mais en même temps, beaucoup de bonhommie pour dédramatiser la situation, les clients étant bien sûr d`inoffensifs touristes et tout se finissait par beaucoup de rires et de salutations joyeuses dans toutes les langues.

Le vol c`est deux sauts de puce: une demie heure pour Jodhpur et une autre pour Udaipur.

Très belle chambre d`hôtel sur la rive du lac Chipali, en face du château royal, si si, il y a un vrai roi ici, mais comme la reine d`Angleterre, il règne mais ne gouverne pas. Il vit quand même toujours dans son château assez lépreux, je n`avais pas payé de ticket « photo », à la limite, je n`y serais pas allé que je n`aurais rien perdu. Un temple de plus, un jardin et un tour en bateau, court le tour, vu que la mousson fait défaut depuis trois ans, le lac tourne au marécage. Je n`ose pas imaginer les lacs disparaissant, d`ailleurs il semble qu`ils envisagent de faire des travaux pour augmenter la surface du bassin versant. Un petit mot sur le temple quand même, il exhibe aussi des positions du kama sutra et l`explication de mon guide sur la raison de la présence de ces sculptures sur un temple: c`est pour purifier l`esprit avant d`entrer prier, il fallait y penser...

En fait c`est pour le site magnifique de ces lacs, artificiels mais datant de cinq cents ans , au millieu des montagnes avec ces belles demeures autour des lacs que la visite d`Udaipur se justifie.


Comme c`est mon dernier jour entier en Inde, il faudrait bien dire mon impression avant que tout soit remplacé par de nouveaux horizons. On dit que les peuples heureux n`ont pas d`hitoire. Ici il y en a souvent eu une terrible. Est ce pour cela qu`ils sont tellement religieux, limite idolâtres de leur dieu machin bon pour ceci, et de tel et tel autre pour toutes les situations de la vie.

Cela a donné naissance à une culture très riche qui forme les esprits le Dieu Ganesh par exemple , avec sa tête d`éléphant venant remplacer de manière incongrue la tête de l`enfant décapité, serait une métaphore de la manière avisée avec laquelle un enfant doit utiliser ses sens: des grandes oreilles pour bien écouter, des petits yeux pour observer discrètement, une trompe qui est prudente, elle touche et sent avant de saisir, et j`ajouterais avant que vous le fassiez, il a de la mémoire!

Certes c`est une belle interprétation rationnelle pour notre esprit cartésien, je n`ai pas eu l`impression que les très nombreuses peintures et sculptures à l`effigie de Ganesh sur les murs de presque toutes les maisons s`y réfèrent, ou alors c`est très subliminal....

Je n`imaginais pas à quel point les castes structurent la société. Chez nous on s`insurge contre un monde à deux vitesses, ici c`est un monde à cinq vitesses pour les castes multiplié par le nombre de sous castes. Chez nous on rêve d`égalité, ici, pas le moins du monde. Ceux qui ont un bon karma

pensent qu`ils l`ont de droit et ont donc toutes les raisons d`en jouir, et les autres ne sont pas loin de penser qu`ils ont raison et que dans une vie future leur tour viendra mais en attendant il ne faut pas lésiner sur les dévotions à Shiva, Vishnu, Ganesh, Haneman, Lakshmi, etc, etc...sinon oa peit être pire!

Le système marche depuis des milliers d`années, de quoi je me mêle ? La dynastie à Udaipur règne sans discontinuer depuis 600 après JC, la plus vieille après le Japon parait-il. Bien sûr, tout a une fin mais des fois ça prend très longtemps.

Ici, pas fous les Brahmanes qui ont vu l`efficacité de l`école anglaise pour perpétuer le pouvoir de la classe dirigeante: les écoles publiques, gratuites, sont nulles, les bonnes sont payantes.

Finalement, que son château, au roi d`Udaipur, soit immense mais pouilleux me le rend sympathique, immense , en fait il a été construit sur plusieurs siècles et sans ostentation: sa famille et lui ont moins pressuré le bon peuple que d`autres.

Par AndreTDM
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 00:51
 

Départ de la maison en TGV pour passage par Angers c'est un premier pas vers l'Inde même si ce n'est pas le chemin le plus court vers New Delhi.

Entre Antibes et Saint Raphaël la voie longe souvent la mer. Cela vaut toutes les Baies d'Ise du monde surtout sous la lumière du matin avec un ciel et une mer parfaitement bleue , une végétation de pins et de palmiers parfaitement verte et les roches ocre-fonce de l'Esterel.

D`Antibes on voyait déjà la neige sur les Alpes. C'est mon environnement habituel et donc un peu ma référence, La barre est très haute pour les pays que je vais voir, mais il faudra bien que je me résolve a abandonner mon chauvinisme devant les châteaux du Rajasthan , l'exotisme souriant de Bali, la nature ou toutes sortes de perroquets tiennent lieu de nos insignifiants moineaux, la Nouvelle Zélande avec ses gens accueillants et sa nature qu

gétation de pins et de palmiers parfaitement verte et les roches ocre-fonce de l'Esterel.

D`Antibes on voyait déjà la neige sur les Alpes. C'est mon environnement habituel et donc un peu ma référence, La barre est très haute pour les pays que je vais voir, mais il faudra bien que je me résolv

i peut rappeler en plus froid mais peut être plus grandiose, tout au moins dans l'ile du sud, nos Alpes maritimes, le Chili avec sa Cordillère

si haute plongeant si abruptement dans l'océan, l'Argentine avec cette même Cordillère mais descendant plus doucement dans une plaine pleine de lacs somptueux recevant des fleuves de glace, des lacs on the rocks quoi.

Angers est une petite ville de province sympa, Il faut quand même s' appeler Du Bellay pour être a ce point amoureux des toits d'ardoise, certes locale, mais un peu tristounette. La raison de mon passage par cette ville était assez triste d'ailleurs et c'était encore pire que ca, mais life must go on...

TGV pour Roissy, confortable, aucune caténaire ne s'est arrachée, on est arrive presque a l'heure a la gare TGV Charles De Gaulle, c'est la suite qui était intéressante. Toute la gare devait être évacuée : on avait trouvé une bouteille thermos abandonnée, tous les TGV étaient stoppés en dehors de la gare ainsi que tous les bus et les RER. Un souk pas possible qui a dure 3 heures parait-il, parce que j'ai rusé et j'ai pris la navette de mon hôtel dans un coin accessible.

Le voyage sur Gulf Air jusqu'à Bahrein s'est bien passe. L'avion était archi-plein, mais j'étais a cote d'un voisin tres bien: chercheur en sciences de la Terre au CNRS ....

Dans l'avion, personnel très sympa, bon repas, vin correct à volonté, bon choix de films, et ça n'a pas trop été le souk malgré une réception à la douane assez musclée et bien inutile le nouveau passage des bagages et des gens au scanner et portique.

Comme il faisait nuit noire, et que je n'avais guère le temps de faire autre chose, j'ai parcouru les magasins hors taxe, pas plus intéressants que ceux de Paris ou de Londres, ça m'a évite de dilapider les sous de ma descendance.....


Enfin arrive à Delhi après un voyage normal mais un peu longuet et visite sans transition de la ville, comme je n'y passe qu'une nuit, il n'y a pas de temps à perdre.... parce qu'on en perd déjà beaucoup dans des embouteillages pharaoniques de vélos de rickshaws, de tricycles style vespas carrossés, de vaches en liberté non surveillée, de voitures tirées par des vaches, des piétons arrivant de partout, de bus manœuvrés comme des autos tamponneuses (ceux de la compagnie privée sont appelés killer bus....), et bien sûr des voitures normales mais toutes plus pressées que vous et tout cela évoluant à quelques centimètres les uns des autres dans un vacarme assourdissant de Klaxons comme si tous les Parisiens décidaient de se marier le même jour et klaxonnaient tous en même temps jour et nuit.

Et le matin, cinq heures, le muezzine, très bien équipé question sono, vous appelle à la prière...

Delhi, la vieille ville, fait penser à l'Afrique noire: poussière omni-présente de la terre au ciel, crasse partout, des myriades de petites échoppes vendant des petits riens , des tas de petits boulots de transport de tout sur bicyclettes et rickshaws, de mendiants pas gâtes par la nature et encore moins par la vie. Mais a coté il y a de gigantesques palais, châteaux, mosquées en grès rose , l'éventail des salaires est très ouvert depuis longtemps.

Difficile de dire comment c'était avant l'invasion Mongole musulmane au XIIeme siècle, ils ont tout détruit. On retrouve des pierres et des colonnes de temples hindouistes et bouddhistes dans les mosquées et tout ce qui représentait des figures humaines ou animale a été systématiquement martelé.




Le gros poisson qui regarde par le trou de la serrure



Joyeux Noël de Barhein...



Vache pas si sacrée ....






Au Mémorial de Gandhi a Delhi.


Les jeunes et les vieux sont sympas. Ici des gens du Rajasthan porteurs d'une histoire qui ternit nettement la splendeur de tous ces châteaux grandioses de la région. Leurs ancêtres, il y a quelques centaines d'années,ne voulaient pas que le roi coupe leur forêt (trésor dans ces pays si secs). Ils ont entouré les troncs des arbres (des milliers) de leurs bras et ont dit au roi : si vous voulez couper nos arbres, il faudra nous couper avec. Ils ont été décapités et les arbres furent coupés.

Ils avaient certainement un mot à dire à Gandhi....



New Delhi dans le quartier gouvernemental du temps de la splendeur anglaise.



Idem



Devant la colonnade d'une mosquée colossale, faite de pierres recuperees de temples bouddhiques avec tout ce qui est figure, martelée.



Devant la plus haute tour de pierre du monde ,250 m, minaret colossal (Qutub Minar ) de cette gigantesque mosquée qui ,elle,  est à l'état de ruine.




Après Delhi et New Delhi, vol tranquille vers Bénarès (Varanasi en indien) . Hôtel magnifique, accueil avec collier de fleurs, wi fi gratuit dans tout l'hôtel


, puis visite des sites archéologiques autour de la ville si attractive religieusement pour les bouddhistes parce que c'est là que Bouddha a fait son premier prêche, et pour les hindouistes parce que c'est la que se trouve le Ganges, fleuve sacré depuis la nuit des temps (la ville serait la plus vieille ville du monde occupée sans discontinuer depuis huit mille ans ?)


Les sites archéologiques sont intéressants parce que tout avait été rasé par les moghols au XIIeme siècle et depuis le bouddhisme avait disparu de la ville et de toute cette partie de l'Inde.

Ce n'est qu'au siècle dernier que le site fut redécouvert et réanime par des bouddhistes du Sri Lanka et d'ailleurs, du Japon aussi.




L'endroit est paisible et propice pour les moines et les pèlerins à réciter des prières. Le musée archéologique situé à coté montre de belles sculptures avec une infinité de déclinaisons des Dieux et de leurs avatars masculins, féminins ou hermaphrodites. Tout est centré sur l'union masculin-féminin avec le symbole omni-présent du lingam de Shiva avec l'équivalent féminin mais on reste discret sur la propriétaire. Bouddha serait la 9eme réincarnation de Shiva, d'où l'imbrication de l'hindouisme et du Bouddhisme ?

Pour le coté Hindouisme pur (?), il fallait se lever pour partir a 5h30, mais j'étais prévenu, cela n'allait pas sentir la rose: je vous confirme et vous fais grâce de tous les qualificatifs que les « nez » de Grasse se feraient un plaisir de vous narrer....


Tous les pèlerins venant à pied faire leurs ablutions dans le Ganges, des femmes surtout, des touristes aussi mais nettement minoritaires, des mendiants, tous les estropies de la terre, les faux sadhus déguisés pour la photo payante, les vaches, les ânes, les chiens, tout un chacun, hommes et bêtes déféquant et pissant partout, sauf les morts bien sûr, qui eux sont portés par les hommes de la famille pour le dernier bain et la crémation.

Les touristes montent sur des bateaux à rames et on remonte le Ganges en longeant la berge ouest ou sont tous les temples, une infinité de minuscules et quelques très grands, les palais des Maharajahs, le tout en piteux état. En novembre les eaux sont assez basses et en dehors des principaux accès équipés de marches, le reste se compose d'une boue épaisse. Hommes et femmes s'immergent complètement dans cette eau qui reçoit sans traitement toutes les eaux souillées de la ville, un cadavre d'âne descendait paisiblement le courant au milieu de tout ce monde. Des gens nagent aussi et boivent cette eau purificatrice et, ,d'après le guide, sans incidence néfaste sur la santé: un défi à Pasteur. En fait j'ai lu que dans les villages surtout en aval, l'eau polluée fait des ravages surtout chez les enfants.




Et les foyers de crémation fument toujours, trois cents kilo de bois, quelques aromates et huit heures de cuisson pour espérer un bonne réincarnation et si possible plus du tout.

Ah oui, les femmes sont interdites lors des crémations pour éviter que se renouvèle l'épisode tragique de la femme (Sati) qui a suivi son mari dans la mort en se faisant cramer avec lui. Il semble qu'il n'était pas rare depuis que la famille recommande fortement à certaines veuves de suivre cet exemple d'amour conjugal et accessoirement de libérer le plancher....

Petit a petit le jour s'est lever et le soleil a fini par percer dans la brume: un vrai Turner.



Quelques mini-chantiers navals artisanaux et surtout les blanchisseurs: tout à la main et sans savon, comme disait Coluche, moins blanc que blanc, c'est gris...

Retour en terre promise, l'hôtel, avec petit déjeuner bien bienvenu, l'appétit va bien quand même.

Le soir, retour au Ganges pour les prières des prêtres hindous. Une sorte de cérémonie surement authentique dans le fond parce qu'une bonne partie de l'assistance accompagnait les chants, mais très théâtraliser, style son et lumière, pour les touristes.


Difficile de n'être pas complètement extérieur à ces manifestations de foi. Qu'on bénisse un fleuve tellement généreux dans un pays aride et que petit à petit on le sublime comme le Nil ou le Ganges, c'est une sorte de religion de la nature, mais après qu'on élabore un panthéon abracadabrante d'une complexité inouïe, cela donne du boulot aux prêtres et de l'espérance au pauvre monde: chacun à sa place dans sa caste avec elle même sa place dans la hiérarchie des castes désignées par des dieux, pas de risque que ça change de si tôt.

J'en ai vu deux conséquences assez typiques dans la vie courante, une à l hôtel l autre dans un avion Air India , mais ce sera pour plus tard.


Bon, avec tout ça, j'ai failli oublier Khajurao. Mais si, vous savez, le Kama Soutra en sculpture sur tous les temples et le tout inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est vrai, des fois qu'il y ait une ou deux positions qui seraient perdues à tout jamais, qu'est ce qu'ils deviendraient nos petits enfants à se creuser la tête pour savoir comment faisaient leurs ancêtres ?

Donc vous voyez, je fais un voyage hautement culturel, orienté vers le bien de l'humanité.

Khajurao, c'est donc un site plein de temples, au milieu de nulle part même à l'époque de sa construction , datant de près de mille ans et heureusement préservé de la destruction d'envahisseurs, parce que la jungle avait repris ses droits.

Un commandant anglais, passant par là par hasard il y a cent cinquante ans,a été averti par son aide de camp indien que des habitants parlaient de vieux temples où ils allaient encore prier. De là, la redécouverte de ce site très grand et à l'architecture intéressante: elle symbolise les montagnes de l'Himalaya d'où descendent tous les dieux et la vie. L'extérieur des temples est couvert de sculptures qui sont un hymne à la beauté, surtout des femmes, et à l'amour: une sorte de «  aimez vous les uns les autres » mais au sens de Jules Romain...



Le soir il y a eu un son et lumière sur le site: l'histoire, les batailles, les rencontres, la construction, mais pas la moindre allusion à la moindre des coquineries pourtant très redondantes

dont les temples sont couverts. Comment on dit gauloiserie en indien?


Il faut quand même parler d`Agra et du Taj Mahal. On a tendance à être suspicieux vis à vis de quelque chose d`aussi universellement célèbre que ce mausolée. Rien n`y a fait, je suis aussi tombé en admiration devant une telle perfection de la plus infime incrustation de pierre semi précieuse dans le marbre le plus pur, jusqu`à l`ensemble de l`architecture. On est ébloui par la réussite absolue de cet hymne à l`amour. C`est au delà de la description parce que c`est du domaine de la sensation, de l`échelle, du volume, des couleurs, des reliefs qu`on ne peut éprouver que par rapport à sa propre taille et à ses propres yeux. Je n`avais jamais vu de monument aussi beau et je suis content de mon déplacement.

Pardon, mais ce n`était ni le jour ni le matériel adéquate.

J`ai appris qu`il y avait un « baby » Taj Mahal qui est petit mais très beau aussi.


On est maintenant à Jaipur après 220 km de route en six heures avec des arrêts intéressants à Fathepur Sikri.

Le soir, visite au Birla Temple, magnifiquement construit très récemment en marbre blanc avec incrustations de pierres semi précieuses et bas reliefs sculptés . A six heures, le clou de la soirée avec la prière du soir. Le rideau qui cachait la divinité et son Jules est ouvert et un murmure d`extase parcourt la foule des fidèles, une bonne moitié de l`assistance. Trois prêtres officient dont deux sonneurs qui doivent être sourds depuis bien longtemps et un récitant inaudible bien sûr dans ce vacarme destiné à chasser les démons. Les fidèles psalmodient avec ferveur alors que les prêtres ont l`air assez détachés...

Birla temple by night.

Ce matin, lever tôt pour partir à 7h30 à l'assaut du Fort-château d'Amber à dos d'éléphant. Pittoresque mais pas confortable , cela permet quand même de voir le paysage en montant alors qu'à pied on n'aurait vu que deux murs interminables. A l'arrivée, accueil dans un tintamarre de cors et tambours pour reconstituer à notre intention, la réception des maharadjas. Le château est surtout intéressant par son site: il garde un passage obligé et relativement étroit de la route de la soie, les péages rapportaient déjà très bien à l'époque.


Autre visite intéressante: l'observatoire créé par un roi pour l'astronomie mais l'astrologie était quand même le but final. Les instruments sont exclusivement en maçonnerie pourtant Galilée et Tycho Brahe avaient montré des dixaines d`années avant,l'efficacité des lentilles pour voir mieux ce qui se passe la haut.

Les instruments sont quand même remarquables de précision ( 2 secondes pour le grand cadran solaire) et d'ingéniosité, le tout en matériaux de grande qualité.


Le guide que j'avais aujourd'hui était de loin le meilleur par rapport à tous les baragouineurs précédents. Jeune grand mince , un peu Antony Quinn de tête, une vraie allure naturelle de prince, très cultivé, voyageant partout entre l'Europe et les US, un anglais parfait et parfaitement audible. Dommage de ne pas l'avoir eu tout le temps, il avait beaucoup à dire sur la civilisation indienne et son histoire. La classe internationale.

Demain encore une journée de route vers Jodhpur via Pushkar avec mon chauffeur sympa et plein de bonne volonté, mais ne sachant guère plus de 20 mots anglais mélangés avec le reste en indien, les échanges sont vite limités....


Aujourd'hui donc, d'abord Pushkar mais il faut y arriver, pas évident avec des routes défoncées et une absence totale de panneaux de direction, sauf une fois et c'était faux!

Bref on finit par approcher quand la foule des piétons et des motos chargées de trois a cinq personnes bouchent de plus en plus la route et justement le pays est toujours rigoureusement plat sauf autour de Pushkar où ça monte d'abord pour redescendre sur la ville qui s'étend autour du lac sacré de l'hindouisme: au moins autant que Bénarès selon les gens de Pushkar. Et précisément, on était le jour où il fallait se tremper dans le lac because la saison et la pleine lune: trois millions de personnes sur la route étroite et en lacets: un cauchemar pour le chauffeur et le temps long pour moi. Je vous passe le temps de trouver une place de parking, au rendez vous avec le guide, puis repartir guidé par une moto vers un accès plus proche de la ville. Etre la seule voiture à se frayer un chemin dans une foule montante et une descendante on en a eu pour une heure. Pendant ce temps, le guide de m'expliquer en détails tous les dangers des pickpockets, des marchands, des moines arnaqueurs, des risques de se perdre de vue,etc,etc....déjà que je déteste la foule, j'avais encore moins envie de me plonger dans celle ci que dans toute autre. Mais quand le vin est tire, il faut le boire. J'ai déposé tous mes papiers et mon argent dans le coffre de la voiture et le chauffeur a monté la garde , comme le lion garde la forêt disent les petits sénégalais. On ne pouvait plus me piquer grand chose sauf ma camera mais elle était bien tenue dans ma main et ficelée a mon cou.

Il me restait à plonger et à faire attention de ne pas se perdre.


Le champ de foire où il y avait encore 100 000 chameaux, chevaux, vaches et buffles la veille, était quasi désert, heureusement pour les photos, quelques retardataires restaient. Tout se concentrait aujourd'hui sur le pèlerinage. Et là, question cheptel, c'était autrement plus coloré que toutes les bestioles qui nous avaient fait faux bond.


Un festival de saris de couleurs toutes plus belles les unes que les autres avec dedans ce qui semblait des corps très souples avec des allures de reines sans la nuance de dédain de la femme africaine. Les visages qui surmontaient le tout étaient souvent magnifiques d'équilibre esthétique et de calme. On pouvait avoir la surprise d`une femme agée dans un sari qui aurait pu contenir une belle jeune fille, un piège qui aurait pu être encore plus cruel que celui d`Orpheo Negro. La variété des saris est liée à la variété des origines locales des gens, mais il y avait tant à raconter et dans un temps si court que je resterai sur ma faim et vous aussi peut être bien.

Tout le religieux se situe autour du lac avec un temple pour Shiva, un pour Vishnou et, ce qui parait-il est très rare, un pour Brahma. La queue pour ce dernier pouvait atteindre quatre heures, non merci. Le lac est plus accessible pour le visiteur, par contre pour le pèlerin, pas plus de cinq minute à barboter dans l'eau bénite. On voit bien un sein ou une fesse par ci par là, d'où l'interdiction de photographier. Comme mon guide a insisté, il a bien fallu que je fasse le paparazzi....

Retour à la voiture sans problème et content mais soulagé que ce soit fini. Bonne chose de faite.


Route toujours aussi mauvaise pour aller à Jodhpur, sauf quelques tronçons payants et toujours pas d'indications. En route on a rencontré des biches ( sans saris celles là) des paons, des renards, des perdrix mais sur les voies rapides, quantité de cadavres de veaux, de chiens, pas encore habitués à la modernité.

Arrivée à l'hôtel, ancienne demeure de maharadja aussi, mais accueil beaucoup plus sympa qu'a Jaipur. Le muezzine a l'air d'être beaucoup plus loin aussi...On est dans un parc et les chambres donnent sur un grand patio intérieur entouré de colonnes. Beaucoup d'allure, le lit maharadja-size, et du calme loin de la foule!

Visite du chanteau-palais de Jodhpur, dans le gigantesque comme partout ici pour ce genre de maison de campagne:il fallait déjà loger les trente épouses du maharadja (une chaque jour du mois, et pourquoi pas 365, une,pour chaque jour de l'année, allez, 366 pour les années bissextiles..) leurs enfants, les danseuses, les eunuques pour veiller sur la fidélité de ces dames mais aussi le gouvernement, les gardes, les domestiques, l'astrologue, les musiciens....... le tout , y compris la ville inclus dans un mur d'enceinte de 10 km de long. En 1808, les méchants d'Udaipur, sont venus mettre le siège et on voit encore quelques éclats dus aux coups de canon bien inoffensifs (heureux temps...) dans les murs, puis ils sont repartis bredouilles: grande victoire locale et on rajoute une tranche au château avec une porte encore plus monumentale et une statue de plus pour Gamesh qui a si bien protégé tout le monde.

Comme dans les autres châteaux d'ici, il y a des façades incroyablement ciselées, on dirait du bois surtout avec la couleur rouge-brun de la pierre, en fait une grille de prison de luxe pour les femmes enfermées derrière.

Apparemment il n'y a qu'une maharani. En tout cas une qui se retrouvait veuve ne devait plus porter de bijoux. Avant de retourner dans sa famille, une d'elles a vendu un collier de diamant et avec l'argent recueilli, elle a fait construire un magnifique temple en marbre pour son époux qui est vénéré comme un dieu par ses sujets (encore aujourd'hui alors que l'actuel maharadja a fait ses études à Oxford, mais il n`a pas dû fréquenter les établissements les plus prolétariens, et puis quand on est dieu et qu`on n`a pas commis décatombe majeure comme Hiro Ito, pourquoi renoncer à ce titre finalement très galvaudé par ici, où m`a t-on dit la religion hindouiste en compterait des milliards...). Il vit actuellement dans un palais, copie en grès du Taj Mahal, mais en beaucoup plus colossal, une partie est transformée en hôtel super luxe à 4000 $ la nuit (Sheherazade n'a pas l'air d'être comprise dans le prix...



A la limite du château, il y a un petit temple très vénéré. On y accède par une voie de trois mètres,de large, en pente assez descendante, mais parfaitement dallée et entre deux bons murs de 2,50 m de haut. C'est là qu'il y a eu cette bousculade qui a fait 200 morts lors du dernier pèlerinage, encore une foule d'un million de personnes. En fait, en haut de la pente, des gens ont glissé sur des fibres de noix de coco et cela a provoqué littéralement une avalanche humaine.


Un tour dans le grand marché quotidien, très sympa, pas la foule, assez d'espace, des articles a 5 centimes d'euro, breloques, cutters, rubans, etc

Le marché a été conçu par le maharadja et il fonctionne à la satisfaction de tous. Comme c'est la saison des mariages, les femmes en saris s'installent assises en tailleur dans les boutiques de saris pour choisir des saris pour ces grands évènements: j'espère que les photos seront réussies.


Trajet Jodhpur -Jaisalmer un peu long, avec beaucoup de tâtonnement sur l` itinéraire, il faut dire qu'il n'y a pratiquement jamais de panneau. En plus un détour pas possible pour aller voir un temple jaïniste plein de verroterie , fièreté de mon guide, improvisé mais pas désintéressé. En effet c'est un peu l'antiquaire local et donc, passage obligé dans son capharnaum. Finalement, après d'épiques marchandages, je me retrouve propriétaire d'un cadenas pas ordinaire et peut être même ancien. C'est un cadenas qui ne s'ouvre qu'avec cinq clés différentes dont une à deux fonctions. Comme j'ai cinq petits enfants, un jour ce serait amusant de les avoir tous ensemble réunis et leur donner les clés pour ouvrir une boite aux trésors fermée par ce cadenas.

Pour prendre l avion, ma valise avec le cadenas a été scanné plusieurs fois sans commentaires, mais pour le dernier embarquement pour quitter l Inde, le scanneur a signalé le cadenas et le préposé à la fouille a absolument voulu le voir marcher, savoir où j avais trouvé cette merveille rare. La queue s allongeait mais je crois bien que j aurais pu faire monter les enchères!

Mauvaise nuit à Jaisalmer, moche chambre dans un soi disant palace, endroit calme sauf la gare pas loin et les trains qui font marcher leur sirène toute la nuit et bizarrement pas dans la journée.

J` ai tellement ralé que je ne voulais plus passer une autre nuit dans cet hotel , que le gars du tour opérateur m`a trouvé une superbe chambre dans une des 99 tours de guet de Jaisalmer, comme c`est

un grand centre de pélerinage Jaïn, il n`y a pas de muezzine dans le coin, les rues sont étroites, il n`y a pas de circulation, ça devrait être le pied. Attendre demain matin pour confirmation.

En attendant, visite de la ville, c`est un vrai bijou de façades en grès doré (d`où le nom de ville dorée qu`ils veulent lui donner) sculptées et ajourées du plus bel effet. Le temple Jaïn est vraiment ce qu`on fait de mieux dans ce domaine, mais il faut aimer cette surabondance de sculptures de dieux et de prophètes: 6666 dans chacun des deux temples, on est loin du dépouillement cistercien....

Il y a deux beaux hôtels patriciens à voir et à visiter, surtout ce lui de Patwa du nom de la famille qui l`a construit après avoir fait fortune dans le commerce international de la soie, de l`argent, de l` opium quand c`était légal au XVIIème siècle. Les Jaïns sont des marchands; dans l`esprit de mon guide ce n`était pas clair si le jaïnisme n`était pas une caste en plus d`être une religion.

Ce soir, sortie dans le désert voir si le soleil se couche aussi par ici....

Je confirme, le soleil s`est couche et s`était beau. En fait il doit arriver que ce soit très beau quand il n`y a pas cette brume légère mais tenace qui écrase toutes les couleurs, mais même s`il fait 30 °C, ici aussi c`est l`hiver comme ils disent ! Si le ciel était pur on verrait surement toute la ville et les remparts se teinter de rose orangé , eux qui ont déjà une si belle teinte dorée. Pour voir ce spectacle qui promettait d`être inoubliable, comme tant d`autres du même genre, nous sommes allés non pas dans les dunes, qui elles ont à perpète, mais sur une éminence à un ou deux Km des remparts, mais qui est en même temps ce que nous appellerions une sorte de lieu de recueillement pour la caste des brahmanes, leurs cendres ont été dispersées dans le Ganges bien sûr, mais ils ont leurs cénotaphes, petits temples de taille proportionnelle à la santé financière de la famille.

Je n`ai eu que des guides brahmanes, pas un n`a manqué de me le dire et de décliner toutes les castes qui venaient derrière, jusqu`aux intouchables qui sont tellement contents qu` on les appelle pour laver par terre, ramasser les ordures ou débarrasser la rue d`une vache ou autre grosse bête morte. Gandhi, c`est l`arbre qui cache le désert....

Retour pour diner à l`hôtel. Le patron m`avait dit qu`il me ferait un bon repas indien, pour peu que je lui laisse une heure pour le préparer. Ce qui fut fait et très bien fait. Installé sur la terrasse, et seul convive, comme on avait bien discuté avec le patron, il est venu s`assoire à ma table pour continuer la conversation, commenter les plats, parler de son hotel de six chambres et qu`il essaie de faire connaitre. Je lui promet de lui faire le plus de publicité que je peux. A un moment, il a appelé le jeune factotum qui avait fait le repas et il lui a parlé longuement, du ton très posé et l`autre écoutait avec confiance et déférence, je n`y comprenais évidemment rien, mais je me disais, tient, c`est comme si un père apprenait à son fils. A la fin de la leçon, le garçon est parti et j`ai dit cette impression au patron. En fait , ce jeune est un tibétain que sa femme employait comme boy depuis quelques années. Il y a trois ans, il a perdu ses parents et depuis c`est un peu le fils de la famille maintenant.

Vous comprenez pourquoi je me sens bien dans cet hôtel où en plus le silence règne, chose rarissime dans les villes indiennes!

Demain, départ à une heure pour Udaipur et adieu mon chauffeur, vraiment brave homme aussi.

Avant de partir, un grand tour dans la ville hors des remparts et encore partout des façades ouvragées même dans les plus infimes ruelles les plus petites maisons, comme il y a beaucoup de ruines il n`est pas rare qu`il ne reste que la belle façade et rien derrière.

C`est vraiment Jaisalmer la ville du Rajasthan qui m`a le plus plu. J`ai entendu quelqu`un dire que ça lui faisait penser à Carcassonne et c`est assez vrai pour les remparts mais pas pour la couleur ni pour l`architecture dans la ville. Il parait que ce sont les français qui ont tiré la ville de l`oubli général dans lequel elle était tombée, et grâce à eux le tourisme s`est développé et l`état a commencé à investir.

Avec la proximité de Jaisalmer de la frontière pakistanaise, l`aéroport est un lieu hautement stratégique et ce sont les militaires indiens qui contrôlent les passagers. Les bagages sont longuement scrutés aux rayons X, puis ceux qu`on prend en cabine sont fouillés systématiquement pour vérifier que rien de prohibé ne s`y trouve avec en plus le soin de s`assurer que tous les appareils photos et caméras sont bien inopérants c`est à dire sans batteries ou sans pellicules (parties, elles, en soute), une fouille au corps idem, mais en même temps, beaucoup de bonhommie pour dédramatiser la situation, les clients étant bien sûr d`inoffensifs touristes et tout se finissait par beaucoup de rires et de salutations joyeuses dans toutes les langues.

Le vol c`est deux sauts de puce: une demie heure pour Jodhpur et une autre pour Udaipur.

Très belle chambre d`hôtel sur la rive du lac Chipali, en face du château royal, si si, il y a un vrai roi ici, mais comme la reine d`Angleterre, il règne mais ne gouverne pas. Il vit quand même toujours dans son château assez lépreux, je n`avais pas payé de ticket « photo », à la limite, je n`y serais pas allé que je n`aurais rien perdu. Un temple de plus, un jardin et un tour en bateau, court le tour, vu que la mousson fait défaut depuis trois ans, le lac tourne au marécage. Je n`ose pas imaginer les lacs disparaissant, d`ailleurs il semble qu`ils envisagent de faire des travaux pour augmenter la surface du bassin versant. Un petit mot sur le temple quand même, il exhibe aussi des positions du kama sutra et l`explication de mon guide sur la raison de la présence de ces sculptures sur un temple: c`est pour purifier l`esprit avant d`entrer prier, il fallait y penser...

En fait c`est pour le site magnifique de ces lacs, artificiels mais datant de cinq cents ans , au millieu des montagnes avec ces belles demeures autour des lacs que la visite d`Udaipur se justifie.


Comme c`est mon dernier jour entier en Inde, il faudrait bien dire mon impression avant que tout soit remplacé par de nouveaux horizons. On dit que les peuples heureux n`ont pas d`hitoire. Ici il y en a souvent eu une terrible. Est ce pour cela qu`ils sont tellement religieux, limite idolâtres de leur dieu machin bon pour ceci, et de tel et tel autre pour toutes les situations de la vie.

Cela a donné naissance à une culture très riche qui forme les esprits le Dieu Ganesh par exemple , avec sa tête d`éléphant venant remplacer de manière incongrue la tête de l`enfant décapité, serait une métaphore de la manière avisée avec laquelle un enfant doit utiliser ses sens: des grandes oreilles pour bien écouter, des petits yeux pour observer discrètement, une trompe qui est prudente, elle touche et sent avant de saisir, et j`ajouterais avant que vous le fassiez, il a de la mémoire!

Certes c`est une belle interprétation rationnelle pour notre esprit cartésien, je n`ai pas eu l`impression que les très nombreuses peintures et sculptures à l`effigie de Ganesh sur les murs de presque toutes les maisons s`y réfèrent, ou alors c`est très subliminal....

Je n`imaginais pas à quel point les castes structurent la société. Chez nous on s`insurge contre un monde à deux vitesses, ici c`est un monde à cinq vitesses pour les castes multiplié par le nombre de sous castes. Chez nous on rêve d`égalité, ici, pas le moins du monde. Ceux qui ont un bon karma

pensent qu`ils l`ont de droit et ont donc toutes les raisons d`en jouir, et les autres ne sont pas loin de penser qu`ils ont raison et que dans une vie future leur tour viendra mais en attendant il ne faut pas lésiner sur les dévotions à Shiva, Vishnu, Ganesh, Haneman, Lakshmi, etc, etc...sinon oa peit être pire!

Le système marche depuis des milliers d`années, de quoi je me mêle ? La dynastie à Udaipur règne sans discontinuer depuis 600 après JC, la plus vieille après le Japon parait-il. Bien sûr, tout a une fin mais des fois ça prend très longtemps.

Ici, pas fous les Brahmanes qui ont vu l`efficacité de l`école anglaise pour perpétuer le pouvoir de la classe dirigeante: les écoles publiques, gratuites, sont nulles, les bonnes sont payantes.

Finalement, que son château, au roi d`Udaipur, soit immense mais pouilleux me le rend sympathique, immense , en fait il a été construit sur plusieurs siècles et sans ostentation: sa famille et lui ont moins pressuré le bon peuple que d`autres.

Par AndreTDM
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 12:38

Quelques mini-chantiers navals artisanaux et surtout les blanchisseurs: tout à la main et sans savon, comme disait Coluche, moins blanc que blanc, c'est gris...Petit a petit le jour s'est lever et le soleil a fini par percer dans la brume: un vrai Turner.

Difficile de n'être pas complètement extérieur à ces manifestations de foi. Qu'on bénisse un fleuve tellement généreux dans un pays aride et que petit à petit on le sublime comme le Nil ou le Ganges, c'est une sorte de religion de la nature, mais après qu'on élabore un panthéon abracadabrante d'une complexité inouïe, cela donne du boulot aux prêtres et de l'espérance au pauvre monde. Retour en terre promise, l'hôtel, avec petit déjeuner bien bienvenu, l'appétit va bien quand même.Le soir, retour au Ganges pour les prières des prêtres hindous. Une sorte de cérémonie surement authentique dans le fond parce qu'une bonne partie de l'assistance accompagnait les chants, mais très théâtraliser, style son et lumière, pour les touristes.

Par AndreTDM
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